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Confluence 2008



Comme chaque année, le 1er dimanche de septembre, notre manifestation Confluence a connu un franc succès. Malgré une météo défavorable le matin, c'est plus de 300 personnes qui sont venues découvrir quelques uns des 15 sites ouverts au public dans le Marais Vernier. Voici quelques "instantanés" de cette belle journée.


Aizier : église Saint-Pierre

C'est un peu plus de 60 personnes qu'ont accueillies Denis Lepla, Fréféric Jones et Raymond Conraux, aidés par Madeleine Jotte -une habitante d'Aizier qui prend soin depuis toujours de l'église- dans ce très bel édifice dont les parties les plus anciennes (mur nord, choeur et clocher) remontent au XIe siècle. La nef date essentiellement du XVIe siècle.


La destruction du bas-côté sud au XIXe siècle laisse apparaître les piliers à chapiteaux moulurés.   L'intérieur renferme encore un bel ensemble de bancs clos.   

Bourneville : ferme fortifiée de Beaumont

Gros succès pour cette belle propriété dont la création est mentionnée dans les textes dès le XIVe siècle : plus de 170 personnes sont venues écouter les commentaires de madame Duval-Hubert, sa propriétaire, entourée de Chantal et Jean-Noël de Crombrugghe, de Françoise et de Pierre Durand et de Suzanne Julin. Les visiteurs ont découvert ce bel ensemble de bâtiments fortifiés réalisé en grande partie dans le dernier quart du XVIe siècle, auquel se sont ajoutés au XVIIIe siècle la grange et une maison à colombages, puis une charretterie.

La ferme est inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1996, et sa propriétaire s'est vu décerner en 2003 "Les Rubans du Patrimoine" pour récompenser ses efforts à restaurer ce beau domaine.


Le colombier, daté de 1581, fait partie des bâtiments fortifiés.   Détail d'une "bouche à feu".   Une partie du mur d'enceinte avec à l'angle sa tourelle en saillie.   A l'intérieur, les murs de la grange portent de nombreux graffitis, dont ce bateau.   
Vue d'une partie des bâtiments de service depuis la cour.   La grange présente une très belle charpente.   C'est dans l'ancienne grange (aujourd'hui le pressoir) que s'est achevée la journée Confluence pour tous ses "acteurs", bénévoles et propriétaires des sites, autour du verre de l'amitié.   

Colletot : église Saint-Denis

On peut regretter qu'un peu plus de 70 personnes seulement se soient arrêtées à cette église où les attendaient Stéphane Levert, Françoise et Patrick Douais et Odile Le Villain. La paroisse est mentionnée dans les textes dès le XIe siècle. L'édifice actuel date du XVIIe siècle, et son mobilier provient en grande partie de l'ancienne abbaye de Corneville-sur-Risle. La pièce maîtresse en est un grand ciborium de style Louis XIV.


Un site remarquable, à préserver absolument.   Un ange adorateur probablement du XVIIIe siècle, en bois décapé.   Partie supérieure du ciborium, de la fin du XVIIe ou du début du XVIIIe siècle.   Autre particularité de l'église : derrière le maître-autel se trouvent des lambris peints, dont on voit ici un détail.   

Fourmetot : château du Hamel

Cette propriété a attiré près de 220 personnes qu'ont guidées Michèle Leguy, Olivier de Vrégille, Adèle et Pierre Baziret. C'est une construction en pierre blanche du début du XVIIIe siècle, composée d'un large pavillon central à étage, avec un fronton triangulaire, encadré de deux ailes basses. Un bâtiment élevé a été ajouté à l'arrière au XIXe siècle.


Le bâtiment principal du château.   Une élégante grille permet l'accès au domaine.   Le château actuel fait suite à un autre domaine dont on ne sait rien, mais dont subsiste ce pan de mur d'enceinte, fortifié d'une "bouche à feu", datant vraisemblablement du XVIe siècle.   

Fourmetot : manoir de l'Epinay

Encore un gros succès pour une propriété privée : plus de 200 personnes ont "déniché" ce manoir, pourtant difficile à trouver au bout d'un chemin étroit. C'est André Dezellus, Philippe Touflet, Alain Madonna et Philippe Sangent qui les y accueillaient. Le nom de la famille d'Epinay apparaît au début du XIIIe siècle, et il subsiste dans le manoir quelques éléments de cette période, en particulier les restes d'une très ancienne chapelle. Le reste de la maison a été très remanié.


Vue de l'arrière du manoir.   La fenêtre de l'ancienne chapelle.   Ce lieu retiré a été durant la dernière guerre le théâtre d'un drame dont cette plaque conserve le souvenir.   

Marais-Vernier : église Saint-Laurent

Environ 180 personnes se sont arrêtées sur ce site où Ulysse Louis, Marie-Thérèse Maletras, Renée Roussel et Françoise Bonnin les attendaient pour les accueillir et leur donner toutes explications utiles. Située à flanc de côteau, cette église conserve un choeur roman auquel on a ajouté à la fin du XVe siècle une nef en pierre et un imposant clocher. L'intérieur conserve de beaux restes de vitraux anciens, malgré les dégradations provoquées en 1911 par un violent orage de grêle. Quelques belles statues, de nombreux accessoires de charité, de belles clefs de voûte et les curieux bas-reliefs de la chapelle sud, commandités par un prêtre à la fin du XIXe siècle, font que cette église mérite une visite. Cerise sur le gâteau, du haut du cimetière, la vue est splendide sur le Marais.


Vue d'ensemble depuis l'ouest, avec en arrière-plan un très beau panorama sur le Marais Vernier.   Sainte Barbe, statue en bois polychrome du XVe siècle.   La baie 6 comporte des fragments importants de vitraux du XVIe siècle, dont ce beau profil de femme caractéristique de la Renaissance.   Louis-Constant Lemariey, prêtre à Marais-Vernier à la fin du XIXe siècle, a fait décorer l'église de plusieurs bas-reliefs, dont ce devant d'autel latéral.   
Dans la chapelle sud à la base du clocher, cette grande verrière, datée du XVIe siècle et de très belle qualité, représente plusieurs scènes de la vie de saint Jean-Baptiste, avec en particulier sa décollation dans la partie inférieure gauche et dans la partie droite le banquet d'Hérode au cours duquel on présente la tête du saint à Hérodiade qui s'apprête à la frapper d'un coup de couteau.   

Marais-Vernier : ferme du Marais

La "star" de ce site n'était pas le château, daté du milieu du XVIIIe siècle, au demeurant plutôt modeste, mais les bâtiments de la ferme qui le jouxte, composés d'un pressoir, d'un grenier à pommes et d'un grenier à foin, d'un colombier... Ces bâtisses en pierre et silex, avec parties en colombages et toitures en chaume, constituent un exemple exceptionnel de conservation du patrimoine rural typique de cette région. A tel point que le cinéma s'en est emparé pour en faire les décors de plusieurs téléfilms de la série Maupassant. Les propriétaires des lieux , madame et monsieur Métot, avaient accepté avec enthousiasme l'idée d'ouvrir leur propriété pour Confluence, et les visiteurs y ont afflué. L'équipe pour l'accueil et les commentaires était composée de Patrick Olivier, Joël Auber, Edwige Jayet, Mathilde Robert et Philippe Hachet.


A flanc de côteau, au bout d'un long chemin, avec une vue imprenable sur le Marais, la ferme est constituée d'un ensemble de bâtiments restés "dans leur jus".   Vraisemblablement construit au début du XVIIIe siècle, ce colombier contient 1 380 boulins. Rappelons que le droit de colombier était un privilège seigneurial.   Le pressoir : au niveau inférieur la meule à concasser les pommes, le pressoir proprement-dit et les tonneaux de stockage. Au dessus l'espace de le stockage des pommes, auquel on accède directement par l'arrière du bâtiment qui se trouve de plain-pied.   Ces bâtiments ont servi de cadre à plusieurs épisodes des téléfilms de la série Maupassant. Certains décors sont restés en place, ajoutant encore à l'intérêt du site.   
Reconstitué pour les besoins du cinéma, cet intérieur semble plus vrai que nature.   

Marais-Vernier : panorama de La Cour

Il nous fallait bien un professionnel pour pouvoir expliquer de façon accessible à tous la formation du Marais Vernier et surtout les différentes tentatives des hommes à travers les époques pour apprivoiser, s'approprier et exploiter cette vaste zone : les réussites, les échecs, les erreurs portant atteinte à l'environnement, les tentatives actuelles de réhabilitation... C'est Thierry Lecomte, du Parc Régional des Boucles de la Seine Normande, qui réussit toute la journée à captiver un auditoire nombreux. Il était secondé pour l'accueil et la logistique par Gérard Briavoine, Jeannine et Alain Martin.


   

Quillebeuf-sur-Seine : église Notre-Dame-de-Bonport

L'église de Quillebeuf, imposante, témoigne bien de l'importance du rôle que joua cette ville pendant des siècles. Utilisant avec succès les techniques inventées au XIe siècle, elle est un des fleurons normands du deuxième âge normand" nous dit Nicolas Trotin qui était responsable de ce site, épaulé par Larissa et Hubert Cain, Jacques Langlois, Patrick Synaeve, Anne et Hugues Wattremez. De cette période subsistent la façade avec son superbe portail et le magnifique clocher. Le choeur, reconstruit au XVIe siècle, présente des décorations typiques de la Renaissance. L'intérieur abrite, entre autres, quelques vitraux anciens et (Notre-Dame-de-Bonport oblige) une belle collection de maquettes de bâteaux offertes en ex-voto.


Le chevet de l'église avec sa sacristie d'époque Henri IV.   Sur la façade ouest, un magnifique portail roman.   

Quillebeuf-sur-Seine : Grande Rue & phare

Il nous avait semblé évident d'inscrire à notre programme ces témoignages du passé de Quillebeuf-sur-Seine que constituent la Grande Rue et le phare. Un passé prestigieux où la ville possédait le monopole du pilotage en Seine et représentait une étape incontournable pour le commerce et le transport fluvial. C'est Alain Joubert et Jean-François Belhoste, spécialistes en archéologie industrielle, qui étaient chargés d'en montrer toutes les traces, accompagnés d'Eric Le Villain et Max Picard. Le déluge qui s'est abattu sur eux le matin explique sans doute qu'une cinquantaine de personnes seulement soit venues découvrir ces lieux de caractère.


La Grande Rue de Quillebeuf conserve le souvenir d'une époque où la ville jouait un rôle essentiel pour la circulation fluviale et les échanges commerciaux.   Au 10 de la Grande Rue, datée du XVIe siècle, la "Maison du Paradis" porte l'inscription suivante : L'HOMME VIVANT PAR JUSTICE ET RAISON, SERVANT DIEU DE FAICT ET DE DIT, LES GENS DIRONT QUE SA MAISON EST ICI BAS UN PETIT PARADIS ETERNEL."   Au n° 80, la "Maison Royale" ou "Maison Henri IV" présente une façade très décorée. La tradition veut que le roi y ait séjourné. Elle porte pourtant la date de 1611... Faut-il rappeler qu'Henri IV a été assassiné en 1610 ?   Voici au n° 102 "l'Amirauté", très belle maison datée du XVIIe siècle.   
Détail de "l'Amirauté": un très bel appareil de pierres de taille et de silex taillées en carré.   Il faut oser accéder aux cours intérieures qui méritent d'intéressantes explications.   Prenons de la hauteur pour admirer ce reste de mur d'enceinte, vestige du château, et la vue sur la Seine.   Un sens certain de la logistique peut s'avérer utile à Confluence, surtout lorsque les conditions météorologiques ne sont pas des plus favorables...   
Le phare, construit en 1862, succédait à un premier édifice daté de 1817. Il reste un témoignage des efforts entrepris au XIXe siècle pour faire de la Seine un grand fleuve navigable.   Présentés au public en différents points du quai, ces canons servaient en 1825 de bittes d'amarrage.   

Sainte-Opportune-la-Mare : château de la Mare

Il n'a pas été simple de renouer les fils de l'histoire de ce lieu aujourd'hui en ruines, à l'exception du beau colombier, pour en retracer les principaux éléments aux quelques 110 personnes qui ont choisi de le découvrir. C'est pourtant le pari qu'ont tenu et réussi Isabelle Cipan, Bruno Lepeuple, Alain Loos et Blanche Massonneau.


C'est tout d'abord le colombier que l'on remarque : polygonal, daté de la première moitié du XVIe siècle, il présente des ouvertures particulièrement soignées et décorées. Ce n'est qu'ensuite que l'on remarque à l'arrière plan les deux tours rondes, vestiges de l'ancien château de la Mare.   Sur cette vue aérienne, le bouquet d'arbre à l'arrière du colombier permet de bien délimiter l'emprise de l'ancien château.   Une vue plus rapprochée de l'une des tours nous permet de mieux appréhender les dispositifs de défense.   

Saint-Pierre-du-Val : site de l'église et de l'ancienne abbaye de Pennante

C'était le site le plus éloigné de tous ceux qui étaient ouverts à la visite. Cela explique sans doute que 70 personnes seulement s'y soient déplacées. C'était pour nous l'un des sites majeurs, avec la présence exceptionnelle de Jacques Le Maho qui nous offrait en avant-première l'une de ses découvertes récentes : la forte probabilité que le site de l'église de Saint-Pierre-du-Val et ses alentours soit l'emplacement du monastère breton de Pennante remontant à l'époque des mérovingiens. Sylvain Auvray, Chantal et Philippe Delaître aidaient à l'accueil, tandis que Simone et Daniel Duvallet assuraient la permanence dans l'église.


L'église Saint-Pierre vient de rouvrir aux fidèles après d'importants travaux de restauration. A moins de 200 m de là, de l'autre côté de la rivière, se trouvent les vestiges d'une église Notre-Dame aujourd'hui disparue. Selon Jacques Le Maho, chercheur au CNRS, archéologue et historien, l'ensemble de ces deux édifices pourraient bien perpétuer le souvenir de l'ancien monastère prénormand de Pennante.   De l'autre côté de la Vilaine par rapport à l'église, cet ancien mur dans le cimetière pourrait être un vestige de l'église Notre-Dame.   

Saint-Samson-de-la-Roque : cimetière mérovingien et vestiges du monastère de Pental

C'est environ 80 personnes qui sont venus découvrir l'histoire, très ancienne, de ce site méconnu de la plupart : l'emplacement probable de l'ancien monastère mérovingien de Pental. Nicolas Wazylyszyn, épaulé par Bernard Vermès, Marcelle et François Verron leur a fait découvrir les restes d'une nécropole mérovingienne à proximité des vestiges d'une ancienne église.


Quelques uns des sarcophages de la nécropole mérovingienne découverte en 1922 par Léon Coutil, archéologue normand. Ils sont placés à proximité et sous les restes d'un mur qui pourrait être la base de l'ancienne église paroissiale qui perdura jusqu'au début du XIXe siècle.   Les visiteurs écoutent attentivement les explications de l'archéologue Nicolas Wazylyszyn.   Selon Jacques Le Maho,le site de Saint-Samson-de-la-Roque pourrait être l'emplacement du complexe monastique connu au haut Moyen Age sous le nom de Pental.   

Saint-Samson-de-la-Roque : pointe de la Roque (phare)

Angiolino Tomat, notre hydro-géologue, attendait les visiteurs au bout du chemin qui monte à la Pointe de la Roque pour leur expliquer les variations des méandres de la Seine qui ont contribué à la formation de cet environnement si particulier que représente le Marais Vernier et leur faire admirer la superbe vue que l'on a depuis cet endroit.


Vue d'ensemble de la Pointe de la Roque avec son phare.   Notre ami Angiolino avait prévu d'abriter ses visiteurs en cas de pluie.   De la Pointe de la Roque, le paysage du Marais Vernier s'étend à perte de vue, que ce soit en direction du Pont de Normandie et de la mer...   ... ou  vers le Pont de Tancarville à l'intérieur des terres.   

Tocqueville : église Saint-Gourgon

Fête de la saint Gorgon oblige, c'est près de 250 personnes qui étaient présentes à Tocqueville ce jour-là. Gabriel Gendreau, Daniel Leduc et Philippe Mylle leur ont fait visiter cette charmante église dont le choeur remonte au XIIe siècle et la nef au XVIe siècle.


Le site de l'église, avec son porche, son cimetière et son if, est classé depuis 1928.   Saint Gorgon, patron de l'église, est à l'honneur dans le vitrail de la baie d'axe, réalisé dans le dernier quart du XXe siècle par le maître verrier ébroïcien Jean-Pierre Tisserand.   Pierre tombale de la famille de Bonsens, datée du XVIIe siècle, avec son décor de croix et de merlettes.   Cette petite église a conservé ses bancs clos. Chaque premier dimanche de septembre, la fête de saint Gorgon attire un public nombreux : après la messe et la procession, les cierges, que l'on voit à proximité de chacune des statues, sont vendus aux enchères par un frère de Charité.   

Réalisation de ce reportage

- Photographies : Guillaume et Pierre ROUSSEL
- Textes : Renée ROUSSEL, d'après la brochure "Confluence 2008"
- Mise en page : Guillaume ROUSSEL




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