Confluence 2009Ce dimanche 6 septembre 2009, c'est entre Rugles et Lyre, dans le Pays d'Ouche cher à l'écrivain normand Jean de La Varende, que la manifestation Confluence avait invité à la découverte du Patrimoine méconnu de l'Eure. Le beau temps aidant, et surtout grâce au travail d'information du délégué AMSE du canton de Rugles, efficacement épaulé par la Communauté de Communes, ce sont plus de 3 600 visites qui ont été comptabilisées sur les 13 sites ouverts, soit une fréquentation accrue d'environ 60 %. Quant à la brochure, pourtant tirée à 450 exemplaires, elle est épuisée. Bois-Normand-près-Lyre : église Saint-Julien"Au coeur de l'Ouche se dresse un édifice exceptionnel : l'église Saint-Julien de Bois-Normand. Elevée vers 1786-1787, grâce à la munificence de Pierre-Robert Le Roux d'Esneval connu en Normandie sous le nom de Président d'Acquigny parce qu'il était président à mortier à la cour de parlement de Rouen, l'église est un parangon des temples édifiés sous Louis XVI (...)" Nicolas Trotin Bois-Normand-près-Lyre : château de Rouge-MaisonLe lieudit "Rouge Maison" est mentionné dans les documents d'archives dès le XVe siècle. C'était, dès avant 1511, une propriété structurée, qui dépendait autrefois du vaste domaine que possédait dans la région de Lyre la famille Le Muterel.. On ignore si le nom du domaine est dû à la couleur de la maison, à celle des terres environnantes ou au souvenir d'un fait sanglant. La propriété actuelle pourrait avoir trouvé sa forme actuelle vers la fin du XVIIIe siècle, puisque sur le plan de 1804 ainsi que sur le cadastre de 1835 l'habitation parait la même que l'actuelle : un corps central rectangulaire et deux pavillons latéraux. (renseignements Bernard Lizot) Bois-Normand-près-Lyre : manoir de ChavanneLe nom de Chavanne apparaît dans les textes pour la première fois en 1633. C'est probablement Gilles Le Cornu qui fit édifier le manoir pour l'un de ses enfants (renseignements Bernard Lizot). Au milieu du XIXe siècle, Raymond Bordeaux écrivit de Chavanne "Chavanne est un ancien fief entouré par les bois. Le manoir construit en bois présente entre ses colombages un appareil de silex, de briques et de tuileaux fort curieux (...)". Juignettes : église Saint-Pierre-de-la-SelleLa commune de La Selle a été réunie à Juignettes en 1844. Sa petite église, de plan rectangulaire avec Choeur en retrait, offre des vestiges d'une construction romane en grison de la seconde moitié du XIe siècle, avec des remaniements de différentes époques. L'intérieur conserve une voûte en bois des XVIe et XVIIe siècles, ainsi que des moulurations du XVe siècle au niveau de l'arc triomphal. Le mobilier est riche : fonts baptismaux, bénitier, dais en bois sculpté et peint, statuaire dont une très belle sainte Barbe... Plusieurs vols ont conduit à mettre en lieu sûr la pièce maîtresse de saint-Pierre de La Selle : un grand retable d'albâtre du XVe siècle, représentant 7 scènes de la vie de la Vierge et 6 scènes de la vie de saint Georges, retable qui est donc aujourd'hui donc malheureusement non visible et n'a pu être présenté. La Haye-Saint-Sylvestre : château de La Grande HayeC'est à Barthélémy Michel que nous devons, dans les années 1760/1770, la construction du château actuel, réutilisant intelligemment des maçonneries de la bâtisse précédente. Barthélémy Michel fit élever une demeure régulière en moellons enduits, avec chaînes et cordons de briques, donnant d'un côté sur une longue perspective, de l'autre sur des parterres tracés au-delà de la passerelle jetée au dessus des douves, entre deux charmants pavillons à arcades. (renseignements André Dezellus) La Neuve-Lyre : église Saint-GillesL'église se compose d'une nef à 2 bas-côtés de la fin du XIIe siècle, tout comme la tour-clocher, et d'un choeur rectangulaire du XIIIe siècle. La charpente en berceau date du XVIe siècle. Des remaniements ont eu lieu aux XVIIe siècle (réparation du choeur), XVIIIe et XIXe siècles (remaniement de la façade occidentale, restauration des fenêtres, reconstruction de la sacristie et du bâtiment pour la Charité). A la Révolution l'église fut transformée en forge, puis en magasin de salpêtre, avant d'être en 1795 rendue au culte, en piteux état. L'église de La Neuve Lyre a abrité deux confréries de Charité dont il reste de nombreuses traces (bannières, chaperons, draps mortuaires...). Les Bottereaux : église Saint-Jean-BaptisteC'est un édifice à nef unique prolongée d'un choeur en léger retrait à chevet plat, auquel a été adjointe au début du XIXe siècle une sacristie de plan pentagonal. Le mur nord de la nef révèle différentes phases de construction, dont des baies de la période romane. La façade occidentale est dominée par un clocher rectangulaire très massif du XVIIIe siècle, couvert par un curieux toit d'ardoises à l'impériale. Cette église possède un mobilier intéressant, mais les joyaux en sont sans conteste les deux batteries de 4 stalles du XVIe siècle aux miséricordes sculptées représentant côté sud des épisodes de la Genèse et côté nord des épisodes de la vie de Moïse. L'église des Bottereaux fait actuellement l'objet d'importants travaux de restauration, tant extérieurs qu'intérieurs. Les Bottereaux : manoir de La BlandinièreLa ferme de La Blandinière est un ancien fief seigneurial longtemps possédé par une famille d'avocats de Rouen qui en prit le nom : les Charles de La Blandinière. L'ancien manoir de construction normande typique peut remonter au début du XVlle siècle. La partie caractéristique de cet édifice est constituée par la façade avant, réalisée suivant les techniques traditionnelles des constructions en bois : le premier étage est en encorbellement léger ; la partie dite sablière, qui court sur toute la largeur de la façade et qui supporte partiellement l'étage, déborde largement à l'extérieur l'aplomb du rez-de-chaussée. La même technique règne au niveau de la toiture où la sablière, reposant sur les poteaux de la façade, est également en encorbellement par le moyen de consoles de bois - autrefois appelées pigeâtres. Cette façade est mixte ; le rez-de-chaussée est en pierre alors que l'étage est à pans de bois avec poteaux et écharpes. Il faut remarquer au passage que l'une des fenêtres de l’étage a gardé sa grille de fer, souvenir des temps d'insécurité. Les Bottereaux : manoir de RebaisLe château de Rebais, tout de briques et de tuiles aux tons ocre et rose se détachant sur le fond de verdure des prairies et des bois, constitue un joli tableau où se déploie une belle harmonie de couleurs simples issues du terroir. Cette ancienne propriété, avec motte féodale, manoir et colombier, a sans doute attiré bien des fois l'oeil du promeneur ou la curiosité de l'érudit et pourtant son histoire est mal connue ; tout juste se souvient-on que des Corday y habitèrent autrefois ; il n'existe en effet aucune étude qui lui soit consacrée. Neaufles-Auvergny : la "Pierre de Gargantua"Ce site a la particularité de conjuguer deux centres d'intérêt : d'une part la nature avec la Risle qui a façonné le paysage, longtemps rythmé l'industrie humaine, et dont il convient aujourd'hui d'assurer la préservation, pour ne pas dire la survie ; d'autre part la préhistoire avec la "Pierre de Gargantua" et sa légende. Rugles : ancienne église Notre-Dame-Outre-l’EauSimple édifice rectangulaire avec choeur en retrait terminé par une abside, cette ancienne église est surtout célèbre auprès des archéologues pour l'appareillage externe du mur nord de la nef et de d'abside. En effet l'on y voit une alternance irrégulière de lits de petit appareil de blocs calcaires et de briques, avec ça et là des fragments de tuiles plates, de pilettes d'hypocauste ou de béton de tuileaux, tous matériaux de récupération d'origine gallo-romaine qui sont à mettre en relation avec la présence d'un édifice antique sous l'église, reconnu par une fouille de Léon Coutil au début du XXe siècle. Rugles : le hameau de la ForgeLa Normandie, qui apparaît aujourd'hui comme une région rurale, fut dans le passé l'une des principales régions sidérurgiques de France. Dès la fin du XVe siècle, les hauts-fourneaux sont nombreux dans le Pays de Bray, le Perche et le Pays d'Ouche, et ceci jusqu'au XVIIe siècle (La Forge de Rugles apparaît dans les textes en 1648 dans des contrats de vente de fer). Forges, affineries et fenderies se développent le long des cours d'eau où les roues à aubes font fonctionner de nombreuses machines : soufflets, marteaux, rouleaux... La qualité des fers du Pays d'ouche favorise très tôt l'apparition d'une petite métallurgie,axée sur deux types de production : les épingles d'une part,et d'autre part des articles de ferronnerie et de quincaillerie, destinés en particulier à la sellerie-bourrellerie et à la carrosserie. C'est ce type d'activités qui existera jusqu'en 1964 à Rugles. Une biscuiterie fonctionna ensuite jusqu'en 1991. Les propriétaires actuels rénovent actuellement ce site ; ils y ont créé un gîte rural. Saint-Antonin-de-Sommaire : église Saint-AntoninL'église est placée en dehors du centre village, au pied du coteau qui domine le Sommaire, petite rivière qui coule en direction de la Risle dans un cadre végétal agréable. Le volume d'ensemble se présente sous la forme de deux corps de bâtiment de plan rectangulaire avec choeur en retrait par rapport à ceux de la nef. Cette nef est précédée à l'ouest d'un porche de grand volume. La première travée ouest de la nef est dominée par un clocher en charpente bardée d'ardoise. Le choeur constitue la partie la plus ancienne, édifiée au XIIIe siècle. Dans la nef, deux contreforts massifs en grison peuvent remonter au XIIIe siècle. La voûte en lambris bois de section polygonale, à couvre joints, possède des poinçons aux trois fermes qui divisent la nef dont la mouluration de l’embase est tout à fait du XVe siècle. Enfin, le clocher et son embase peuvent remonter au XVIIe siècle. Par ailleurs les baies qui éclairent le vaisseau de cette nef sont des plus disparates. Tous les parements des différents murs ont été traités en mortier bâtard lissé qui ne permet plus d'établir leur constitution. La principale "richesse" de cette église réside dans le fait qu'elle possède plusieurs vitraux du XIIIe siècle. Réalisation de ce reportage- Photographies : Pierre DURAND, Thierry POLLISSARD, Guillaume ROUSSEL, Pierre ROUSSEL
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