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Harcourt, la fin du grand cèdre



Pour qui fréquente le département de l’Eure, point n’est besoin de présenter le domaine du château d’Harcourt. Mille ans d’histoire y sont visibles, dans un cadre végétal somptueux. Il est aussi le berceau de la famille d’Harcourt, l’une des rares à pouvoir revendiquer ses racines scandinaves.


      

Après le Révolution, le domaine a été acheté en 1802 par Louis-Gervais Delamarre, qui s’était spécialisé depuis 1789 dans la gestion des biens des nobles émigrés. Passionné d’arboriculture, celui-ci y a implanté un domaine forestier. L’ensemble a été légué à l’Académie d’Agriculture de France en 1815 ; en 1999 cette dernière a fait don du château et de l’arboretum au Conseil Général de l’Eure qui veille maintenant à sa destinée avec beaucoup de soin.


      

En 1810, Louis-Gervais Delamarre avait planté, de part et d’autre de la terrasse et du grand parterre, deux cèdres du Liban. L’un d’eux a été abattu dans les années 1970, après avoir « perdu la tête » lors d’une grande tempête. Quel age avaient-t-ils lorsqu’ils ont été plantés, d’où venaient-t-ils ? On ne se trompe sans doute pas beaucoup en disant qu’ils avaient environ deux siècles.


      

Aujourd’hui c’est du deuxième grand cèdre qu’il est question. Le moment était venu de mettre un terme à sa vie ; les gels des années 1960/1970 l’avaient atteint, les tempêtes l’avaient ébranlé et amputé de grandes branches, et malgré les pansements, la gangrène gagnait progressivement son tronc. La redoutable sécheresse de 2003 lui a donné son coup de grâce ; la sève ne circulait plus, et il pouvait devenir un risque pour les milliers de visiteurs qui tous les ans venaient mesurer en l’enlaçant à plusieurs ses 6 m30 de circonférence et parier sur sa hauteur de 30 mètres.


      

Le Conseil général a rendu les honneurs au géant à l’agonie, en invitant le public, la presse, les jeunes du lycée du bois Augustin Boismard de Brionne qui seront les auteurs de sa deuxième vie.


      

Le Lundi 4 Avril 2005 commençaient les opérations d’abattage ; elles ont duré 3 jours.


      

Cette fin publique était dans les mains et le savoir-faire de l’entreprise Jean Fréon, dont le renom n’est plus à faire, puisqu’elle veille sur la destinée des arbres du château de Versailles ; c’est cette même équipe qui a procédé voila quelques mois à l’abattage du chêne « de Marie-Antoinette ».


      

Les bons morceaux sont partis dans un séchoir, et fin 2006, grâce à un partenariat avec le lycée du bois, le cèdre entamera une deuxième vie : non seulement les élèves auront ainsi la possibilité de travailler ce bois exotique, mais une ligne de meubles va être créée à cette occasion, et quelques unes de ces créations reviendront au château.


      

Nous avons suivi pendant ces trois jours le déroulement de cette opération, et nous vous livrons, avec la permission du conservateur du château d’Harcourt pour le Conseil Général, quelques uns de nos clichés.


         


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