> Dossiers / Reportages / Mise en place d'un nouveau coq à la Haye-Aubrée

Mise en place d'un nouveau coq à la Haye-Aubrée



Il est des manifestations qui sont exceptionnelles et qui réussissent encore, dans notre troisième millénaire, à mobiliser une communauté. Une pause, un entr'acte qui semble figer le cours de la vie moderne et rappeler que le village est une entité qui vit, et qu'il existe dans la population des rappels à des traditions séculaires qu'il convient de célébrer et de préserver. Tous, anciens ou plus jeunes, femmes ou hommes, croyants ou non croyants, se retrouvent alors, partagent un moment, et après le "verre de l'amitié" s'en retournent dans l'aujourd'hui. C'est ce qui s'est passé en Juin 2005 dans cette petite commune de 400 habitants où tous les habitants se sont retrouvés pour l'installation du nouveau coq de leur clocher.


   

Selon différentes sources, la Haye-Aubrée tire son nom d'Alberade, nom d'origine scandinave, qui a donné Aubrée. L'Alberade en question était la femme de Onfroy de Vieilles qui reconstruisit l'Abbaye de Préaux (première moitié du XIè siècle). Elle-même fondera plus tard à proximité l'abbaye de moniales de Saint-Léger. Petit village en bordure de la forêt de Brotonne, tout comme la commune voisine de la Haye-de-Routot, ce village est vraisemblablement issu des défrichements (voir ci-contre l'extrait de la carte de Cassini - XVIIIè siècle - site : www.ehess.fr/cassini/).


   

Sa création, son histoire, sa vie, passée et présente, sont liées à la forêt, à l'univers du bois, de la chasse, et de tous les métiers qui en découlent. Site attachant que l'on espère voir préservé, avec son église, son cimetière ceint d'un beau mur ancien, ses ifs, son environnement de verdure, ses manoirs et châteaux, il mérite un tout petit détour lorsque vous passez à proximité.


   

La charmante église, témoignage des architectures des XIIIè au XVIIè siècles, est très intéressante. L'extérieur avec son beau porche, l'intérieur avec ses fonts baptismaux romans, ses murs peints, ses poutres sculptées et ses belles statues demanderaient à eux seuls un dossier chacun, et nous ne résistons pas au plaisir de vous montrer une scène de saint-Hubert sur un entrait (une des poutres de la nef).


   

Notre rendez-vous de ce jour s'inscrit dans un processus de travaux sur l'église. Naturellement ce nouveau coq en remplace un plus ancien, également à l'honneur ce matin même. Ce dernier aurait un demi-siècle selon les uns, une centaine d'années selon les autres.


      

Ce matin le nouveau coq, après avoir fait le tour du village, passe de main à main ; il faut le toucher, se faire photographier avec. On le compare à l'autre, plus "gothique", plus "martial" (peut-être le contexte de l'époque?). Alors que le nouveau est plus… plus…? disons "bienveillant".


   

Les charitons sont là, avec leurs chaperons ; le prêtre vient d'arriver. Encore quelques photos, un petit discours puis c'est la bénédiction. Enfin notre gardien vigilant est remis au couvreur, qui escalade rapidement l'échafaudage, se retrouve au sommet du clocher et entame le processus de raccordement sous les regards de la population munie de jumelles et d'appareils photos.


   

L'opération effectuée, le coq peut accomplir ses premières manœuvres sous le vent, accompagné par les applaudissements de la population. C'en est fait, le village va reprendre sa vie, sous les mouvements de sa nouvelle girouette signalant aux passants le sens du vent et les changements de temps à venir ; l'histoire continue…


      

Ce petit article a été rendu possible grâce à la compilation du "Dictionnaires de Communes" de Charpillon et Caresme, de la revue "Nouvelles de l'Eure" et de l'ouvrage "Les Abbayes des Préaux près Pont-Audemer" par André Dezellus.




<< Retour vers la liste des reportages <<

 

Nb de visiteurs
en ligne : 7
aujourd'hui : 160
au total : 388828
Accueil | Recommander | Lettre d'information | Infos Légales | Contact 
Tweet
AMSE ( www.amse.asso.fr ) - Copyright © 2002/2014 - Tous droits réservés.