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Nos S.O.S.

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pour les angelots volés à Boissy-Lamberville

Où sont-ils passés ? Ces deux angelots dits Putti ont été volés il y a quelques temps. Sculptés en chêne au dernier tiers du XVIIe siècle, ils ornaient le porche en bois sculpté (XVIe siècle) de l'église de Boissy-Lamberville dans le canton de Thiberville (Eure).

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Merci d'avance à toute personne qui aurait aperçu ces "fugitifs" de transmettre les informations utiles :
- soit en écrivant à Philippe TOUFLET, délégué cantonal, le Bosc-Henry, 27230 DRUCOURT
- soit en envoyant un mail à : info@amse.asso.fr

Peut-être en lisant les annonces des ventes ou tout simplement en se promenant sur quelques stands spécialisés ?

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L'Autoroute A28 et l'Archéologie

L'AMSE ( Association des Amis des MONUMENTS et SITES de l'Eure) est inquiète. A maintes reprises, Agnès Vermersch , sa présidente a évoqué, lors de diverses réunions administratives ou privatives, la nécessité de prendre en compte la prévention archéologique sur le tracé de l'A28 dans l'Eure. De leur côté, depuis longtemps, les archéologues amateurs et avertis s'étonnaient que les sites déjà connus ne fassent pas l'objet d'études préalables, de façon à laisser l'urgence à ce qui serait découvert fortuitement. L'une comme les autres avaient été rassurés par le SRA (Service Régional d'Archéologie) qui confirmait encore lors d'un entretien téléphonique en Avril 2002 que tout le tracé serait sondé, et que les sites qui le mériteraient seraient fouillés. Les spectaculaires sondages que chacun a pu voir au long des routes semblaient le confirmer.

Qu'en est-il aujourd'hui ? Nos nombreux informateurs locaux, les propriétaires des terrains, certains élus nous renvoient des échos peu rassurants. Nous avons connaissance tout à la fois que de nombreux sites (déjà connus ou non) sont intéressants, mais que nombre d'entre eux ne pourront être fouillés.

  • En cause sans doute les sévères mesures de restrictions qui ont amputé l'INRAP (Institut National de la Recherche Archéologique Préventive ) de 25% de ses crédits en Janvier 2003 (voir les articles de presse Nationale et les médias).
  • En cause encore peut-être les tergiversations politiques qui alternativement faisaient avancer ou bloquaient le dossier de cette A28 pendant des années.
  • En cause aussi sûrement " l'impatience " de la Société ALIS chargée de la réalisation de l'autoroute et qui réclame la restitution du terrain. Nous comprenons bien l'importance du respect des délais dans une telle entreprise, mais alors pourquoi avoir fait, à grand renfort de publications, d'affiches envoyées aux mairies, de communication dans " La lettre d'ALIS " (du type " Encart spécial Archéologie "), via aussi le site internet à consulter www.alis-sa.com, un tel battage sur la recherche archéologique, à tel point que toute personne pas ou peu informée pouvait penser qu'ALIS était un groupe de recherches archéologiques…Il y a fort à craindre maintenant que la pression que cet organisme va exercer sur les autorités ne compromette encore plus gravement des études déjà bien menacées.

Alors à quoi sert de mettre en évidence des sites archéologiques, si c'est pour les détruire aussitôt après et perdre à tout jamais de précieuses informations ? Plus prosaïquement, pourquoi tant de sommes déjà englouties pour abandonner avant d'avoir atteint le but. Enfin pourquoi provoquer le citoyen respectueux de son patrimoine en l'informant au préalable que l'archéologie sera respectée, et lorsque les témoins de l'histoire sont mis au jour, les détruire pour quelques semaines de planning. Comment peut-on parler de développement touristique, et donc économique, sans y inclure la valorisation du patrimoine ? Va-t-on encore entendre dire que l'Eure n'a ni patrimoine, ni intérêt ? Faut-il penser que l'Eure ne mérite pas ce respect ni cette reconnaissance ? Nous sommes fiers de notre département, et voudrions l'être au nom de tous et pour tous.

Dans l'attente d'en savoir plus, nous voulons au moins tirer la sonnette d'alarme. Et nous demandons à chaque décideur de méditer un peu cette phrase ô combien vraie, qui conclut le film " Les derniers jours de Zeugma " diffusé sur ARTE : " Au nom de quel avenir pourrait-on justifier de faire le sacrifice de la mémoire ? ".

Qui que vous soyez, vous qui venez de lire ces lignes, si vous pensez comme nous que le progrès, aussi nécessaire soit-il, ne doit jamais servir de prétexte à la perte de nos racines, n'hésitez pas à diffuser ce message. Merci.

Agnès Vermersch, Présidente de l'AMSE
Renée, Pierre et Guillaume Roussel, bénévoles du patrimoine
Et tous les amis solidaires
Mars 2003
www.amse.asso.fr
info@amse.asso.fr

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S.O.S.
L'Autoroute A28, suite...

Nous le redoutions, et les faits se précisent !

Dans un précédent message, nous faisions part de nos craintes relatives à d'éventuelles destructions de sites archéologiques par la construction de l'A28. Nous avons bien confirmation aujourd'hui, de la bouche même du Conservateur Régional de l'Archéologie, que tous les sites mis en évidence ne seront pas fouillés. Première "victime" : un habitat du XI° au XVI° siècle non loin de Brionne.

Ce mercredi 14 mai, des élus et des bénévoles du patrimoine ont provoqué une réunion de concertation avec le Conservateur de l'Archéologie et des fouilleurs de l'INRAP (Institut National pour la Recherche Archéologique Préventive) en présence des 3 journalistes de la presse locale et régionale.

Nous avons bien entendu le propos du Directeur du SRA (Service Régional d'Archéologie) : compte tenu des moyens dont il dispose et des délais qui lui sont impartis, devant le nombre et l'intérêt des sites mis en évidence dans l'Eure par les sondages, il a dû prendre la décision de ne pas fouiller certains sites lui apparaissant comme de moindre intérêt. Il est clair que ce passionné d'archéologie s'efforce de faire pour le mieux dans la marge de manoeuvre plus qu'étroite dont il dispose.

Pour autant, nous n'avons pas oublié la promesse qui nous avait été faite, voici longtemps déjà, que "tout ce qui devait être fouillé le serait".

Nous avons écouté également avec attention les propos des fouilleurs qui dénoncent les conditions dans lesquelles ils travaillent : pas assez de personnel (plusieurs centaines de contrats de fouilleurs de l'INRAP n'ont pas été renouvelés, et l'archéologie préventive manque donc cruellement de bras : ils ne sont que 20 à fouiller les 125 kms de parcours), pas assez de temps, les délais accordés lors de l'élaboration du projet final étant bien plus courts que ceux qui avaient été demandés par les archéologues.

Il ressort de cette longue réunion que chacun des "acteurs" (que ce soit les fouilleurs, leur direction ou la société ALIS qui construit l'autoroute) fait de son mieux. Mais la carence des institutions qui nous dirigent, leur impossibilité à tenir les promesses qu'ils ont faites vont conduire à la destruction irrémédiable de lambeaux entiers de notre histoire.

Alors, bien sûr, cette autoroute est d'une certaine façon une chance pour la connaissance de notre passé. Sans sa construction, combien de temps encore aurions-nous ignoré que 10 000 ans avant Jésus-Christ des hommes vivaient déjà dans l'Eure ? Mais pouvons nous accepter sans regret ni révolte que cette découverte majeure se "paye" par la destruction, la perte définitive de nombreux autres renseignements qui auraient pu venir compléter un peu plus encore ce que nous savons déjà de nos lointains ancêtres ?

Agnès Vermersch, Présidente de l'AMSE
Renée, Pierre et Guillaume Roussel, bénévoles du patrimoine
Et tous les amis solidaires
Le 14 Mai 2003
www.amse.asso.fr
info@amse.asso.fr

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Le manoir de Limeux : l'agonie.

Vingt ans pour tomber en ruines. Agonie cruelle. Agonie pour diverses causes, entre autres manque de volonté coordonnée.

Situé dans le canton de Breteuil, datant vraisemblablement des débuts du XVI° siècle, c'est la seule construction en briques de ce type dans le canton. Il vit probablement ses derniers instants. Une étude diffusée par le syndicat d'initiative de Breteuil dans le milieu des années 80 réalisée par Monsieur Bernard Lizot et remarquablement documentée, nous présente cette grande bâtisse à usage agricole dans un état encore convenable.

Le site est classé depuis 1934. Sans vouloir nous lancer dans une polémique, il nous paraît indispensable de faire connaître l'état actuel, et de relayer certains bruits officiels annonçant que dans quelques jours se tiendra une réunion avec les instances concernées qui pourrait décider du " Déclassement ". La suite est facilement imaginable hélas. Il est important maintenant de conserver précieusement les archives ; et si cela n'est pas fait de procéder aux relevés et dernières photos avant que...

Nous présentons ci-dessous 3 photos qui montrent qu'entre 1920 et 1986, la bâtisse n'à guère changé, hormis quelques atteintes dans la couverture, entre 1986 et 2002, soit 16 ans après le processus inéluctable fait son œuvre. Tout commentaire est superflu, car il reste peu d'espoir de sauver ce bâtiment.

A moins que ... Il n'est jamais trop tard, à moins qu'il n'existe un autre projet... ? Pour qui ? Pour quoi ?

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Plaidoyer pour le Manoir de Coudray

Vous êtes un ami du patrimoine et mon cadre vous séduit... Si vous vous intéressez à moi, si je puis vous faire confiance, alors bienvenue. Je suis le Manoir du Coudray. Mon âge est respectable, je suis assez gravement malade, mais je sais que je peux guérir, je peux vivre et de nouveau accueillir la vie et donner du bonheur pour peu que l'on me soigne...

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L'origine de ma maladie est simple et classique : de noble demeure, l'on a fait de moi une simple ferme. Et lentement, ne pouvant m'adapter au modernisme agricole, j'ai été un peu malmené et puis abandonné.

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Les contraintes de la vie moderne ne permettent pas à mes maîtres, qui exploitent la terre, de consacrer du temps et des moyens pour s'occuper de moi. Cependant ils ne veulent pas me voir détruire ou mutiler pour des ambitions ou des projets qui seraient pour moi une déchéance. Mes maîtres me respectent, mais le temps fait son oeuvre! J'ai vu le jour au tout début du XVII° siècle, édifié par la famille du Coudray, établie à Conches depuis plusieurs générations. C'est probablement Jacques du Coudray, qui m'a donné son nom ; c'est sans doute son père qui a donné le vitrail du "triomphe de la Vierge" à l'église Sainte Foy.

A l'origine j'étais sur la paroisse du Vieux-Conches, réunie à Conches en 1791. Sur ma terre se trouvaient les forges des Vauxgoins, la terre de Blanche-Maison dite Balivière où se trouve un manoir à pans de bois aujourd'hui restauré. Les maîtres de forges résidaient au Vieux-Conches mais jamais au Coudray

Vers 1655 je fus saisi, vendu et passai entre plusieurs mains, pour échoir un siècle plus tard à Messire Jean-Jacques Livet de Saint-Mars (depuis on m'appelle aussi Manoir de Saint-Mars). La ferme fut alors réunie au vaste domaine foncier des Forges du Vieux-Conches.

Au XVII° j'étais pour les grandes familles une "Maison des champs", parfois qualifiée de ferme ou de métairie. Mais au XVIII° mes propriétaire avaient prétention de respectabilité et m'appelaient Château, et j'ai connu de grandes heures lors d'un baptême en 1751 dans ma chapelle, en présence d'un Pottier de Gesvres, Duc de Tresmes pour parrain et d'une Montmorency-Luxembourg, princesse de Tingry pour marraine.

Comme il est courant à l'époque, je suis intégré à un vaste ensemble quadrangulaire fermé de murailles et flanqué dans chaque angle de remarquables tours carrées, très soignées, avec ce bel appareil de briques losangé de noir. Hélas il ne reste aujourd'hui que trois de mes tours ; l'une d'elle abritait la chapelle : elle a été détruite.

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Vous pouvez le constater, j'ai conservé mon environnement champêtre immédiat. Il est ma parure et j'ai bon espoir de pouvoir le conserver avec mon authenticité, si je passe un jour dans de nouvelles mains.

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Ma construction est soignée et saine. Vous avez là le corps de logis, belle bâtisse en briques décorée de briques vernissées noires que l'on retrouve souvent dans les constructions XVI° et XVII°.

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Il faut remarquer la qualité des cheminées et la décoration. On a utilisé, en plus de la brique, des pierres pour les chaînages d'angles, les clés de voûte des ouvertures, le cordon inférieur ; on trouve aussi quelques blocs de grés. Je repose sur une cave semi enterrée.

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Bien sûr, vous le constatez, une insidieuse gangrène s'est installée, mais rien n'est encore perdu….la vie peut revenir.

J'ai confiance, aidez moi !

 

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